Rencontre avec Océane, thanatopracteur chez HYGECO !

06-02-2019

 

Océane est thanatopracteur chez HYGECO depuis 2 ans. Pas « thanatopractrice », mais thanatopracteur. Elle y tient ! Elle nous explique avec pudeur et honnêteté comment lui est venue cette vocation peu commune et quels sont les ressorts de son métier. Interview.

Comment avez-vous connu et choisi la thanatopraxie ? Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
Océane : J’ai connu ce métier par hasard. J’étais adolescente et j’étais assez curieuse du corps humain et de la mort. Du coup, en faisant des recherches sur Internet, je suis tombée sur un site qui présentait ce métier et, tout d’un coup, ça m’a semblé être comme une évidence ! Puis, l’idée a fait son chemin dans ma tête. La mort, c’est toujours un processus étrange, quelque chose de mal compris. On ne se réveille pas le matin en se disant « tiens, un jour je vais mourir ! ».
Je n’avais que 15 ans, mais j’avais déjà bien perçu la subtilité de ce métier et ses intérêts tant au niveau humain – en particulier pour les familles des défunts – que pour notre société en général. En cela, c’est un métier très gratifiant ! Pouvoir rendre le corps d’une personne décédée propre et apaisé, tout comme les remerciements des familles, ça donne beaucoup de satisfaction personnelle et du sens à notre travail. Je crois que lorsqu’on travaille dans le secteur des pompes funèbres et de la thanatopraxie, on se rend compte de l’importance et de la fragilité de la vie. On comprend à quel point il faut vivre tous les jours à fond, car nous savons mieux que personne que tout peut basculer d’un moment à l’autre. C’est donc bien plus qu’un métier, c’est un enrichissement personnel au quotidien ! Ça permet aussi de prendre du recul par rapport à pas mal de choses.

Comment les gens réagissent quand vous expliquez votre métier ?
Océane : Quand j’ai dit à ma mère que je voulais être thanatopracteur, elle s’est d’abord assurée que c’était vraiment ce que je voulais faire. Elle était un peu sceptique au début, mais elle a très vite soutenu mon choix. Pour ce qui est de mon entourage, il y a eu un grand tri dans les gens que je pensais être mes amies. Il y a cependant des personnes qui ont été assez compréhensives, voire même curieuses de cette profession, et qui trouvent que c’est formidable. Aujourd’hui, quand je réponds aux gens qui me demandent ce que je fais dans la vie, ils ont souvent un premier mouvement de recul, puis ils disent « Ah oui, il en faut ! », comme si c’était un fardeau. Ca me fait toujours rire même si c’est un peu agaçant. Il y a aussi ceux qui sont un plus curieux ou qui ont perdu un proche qui a eu des soins de thanatopraxie. Alors là ils disent « Ah oui ! Merci, vous faites un métier formidable ! ».

Qu’est ce qui est pour vous le plus difficile dans votre métier ?
Océane : Psychologiquement, ça ne m’atteint pas. J’arrive assez bien à contrôler mes émotions quand je suis au travail. Des familles attendent un service de qualité de ma part, alors je ne peux pas être trop engagée émotionnellement. Physiquement, c’est vrai que ce n’est pas facile tous les jours ! Quand j’ai à faire à une personne un peu corpulente, je demande un petit coup de main à l’équipe des Pompes funèbres pour installer le défunt et l’habiller. Ils m’aident toujours sans problème. Au niveau technique, c’est une autre affaire. Je n’exerce que depuis deux ans et même si je maîtrise les gestes, je reste très humble. Il y a des thanatopracteurs qui pratiquent depuis plus de 20 ans et qui me disent qu’ils apprennent encore des choses sur le métier ! Ce qui est vraiment difficile, c’est quand j’ai un corps qui veut pas. Que quoi que je fasse, le rendu ne me plaît pas. Ce sentiment d’impuissance est frustrant. Alors je rentre chez moi et ça me travaille. Je me demande ce que j’aurais pas pu faire pour qu’il soit plus beau.

Est-ce que vous pensez qu’en tant que femme votre approche du métier est différente ?
Océane : Le ressenti des familles et des pompes funèbres est qu’au final les femmes auraient une meilleure attention au détail. Nous serions plus pointilleuses pour bien ajuster le costume, apposer le maquillage, etc. Pour ma part, je pense que, femme ou homme, tant qu’on aime son travail on le fait bien ! La thanatopraxie c’est quelque chose qui vient du cœur, et si on se lasse, on le fait mal. On est face à des familles. Donc il nous faut faire notre métier avec passion !